Grimm Audio PA1 : le premier ampli de puissance de la marque hollandaise
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Grimm Audio, on connaît surtout la maison pour ses convertisseurs, son horloge CC1, ses enceintes LS1 et ses lecteurs MU1 / MU2. Jamais pour ses amplis de puissance — la marque de Veldhoven n'en avait tout simplement jamais commercialisé. C'est terminé : le PA1 est arrivé, et il est né d'un accident de parcours plutôt savoureux.
Un prototype planqué sous la table de démo
Rembobinons trois ans en arrière, au High End de Munich. Grimm présente le MU2, son streamer-DAC-préampli, et cherche un ampli de puissance assez transparent pour ne pas trahir l'appareil. L'équipe écoute, écoute encore, et repart déçue de tout ce qu'elle a essayé. Solution de secours : embarquer les prototypes d'ampli maison qui avaient servi pendant le développement du MU2. Le système repart de Munich avec un « Best Sound of Show ».
Ce prototype de dépannage est devenu un vrai projet. Après une série de campagnes d'écoute et de retouches successives du schéma, Grimm annonce que le PA1 de production joue nettement au-dessus du prototype de Munich. Il a fait sa première publique au High End de Vienne en 2026, en cabine M01 du hall X4, cette fois avec le MU2 en source et préampli — les rôles inversés.
Le « Pierick Amp », un schéma de 1985
Le nom PA1 ne renvoie pas seulement à « Power Amplifier ». C'est un hommage à Henk ten Pierick (†), dont le concept d'étage de sortie, imaginé en 1985, sert de point de départ au circuit. Grimm l'appelle en interne le « Pierick Amp ».
L'idée de départ tient à un problème que la mesure de THD à 1 kHz ne voit pas. Dans un étage classe AB, le point de polarisation dérive avec la température des transistors de sortie. Or la musique est pleine de basses fréquences, et ce sont précisément elles qui chauffent l'étage de sortie et déplacent le point de fonctionnement. Résultat : une distorsion de croisement qui varie en permanence selon ce qui passe dans l'ampli. Elle ne se lit pas sur une mesure statique, mais elle s'entend.
La réponse de Grimm est plus brutale qu'élégante sur le papier : plutôt que quelques gros transistors de puissance, le PA1 en aligne 96 petits et rapides, en symétrie complète, montés sur un circuit imprimé à substrat aluminium. Cette technologie de PCB assure un couplage thermique très serré entre tous les transistors et leur circuit de commande, lui aussi implanté sur la même carte. Conséquence : l'impédance de l'étage de sortie reste constante sur toute la zone de croisement, même quand l'ampli débite de gros courants dans le grave. Le problème est réglé par construction, pas par correction.
Le deuxième chantier est la modulation de phase, l'autre distorsion dont on parle peu : la vitesse du circuit varie avec l'amplitude du signal, si bien qu'une ligne de basse peut littéralement étaler dans le temps les aigus d'une voix ou d'une cymbale. Grimm la traite par des corrections en feedforward dans l'étage de puissance comme dans les étages amont, puis applique une boucle de contre-réaction globale du second ordre pour nettoyer ce qui reste — en prenant soin, là encore, de ne pas réintroduire de modulation de phase dans la boucle elle-même.
Le reste suit la même logique : pas de condensateur de liaison en série sur l'entrée, routage du signal d'entrée le plus court possible sur PCB multicouche, et un circuit de protection conçu pour se passer de relais en série sur la sortie haut-parleur. Côté alimentation, un gros transformateur toroïdal Amplimo choisi pour son couplage capacitif minimal avec le secteur, suivi de 90 000 µF de découplage, plus une régulation locale des étages de commande et de contre-réaction.
15 kg dans un cube de 25 cm
Le boîtier est signé Michiel Uylings, à qui l'on doit déjà l'esthétique des MU1, MU2 et PW1. Le PA1 tient dans un volume de 250 × 250 × 240 mm — compact pour un monobloc de cette catégorie — mais pèse 15 kg pièce. L'ampli accepte les préamplis à faible comme à fort gain grâce à un gain commutable 26 ou 18 dB, dispose d'entrées XLR et RCA, et d'une mise en veille automatique après 40 minutes de silence. L'alimentation linéaire commute seule sur la tension secteur locale.
- Puissance : > 200 W sous 4 Ω (la presse relève environ 150 W sous 8 Ω)
- THD : < 0,0001 % (1 W, 8 Ω)
- Rapport signal/bruit : 96 dB (1 W, 8 Ω)
- Facteur d'amortissement : > 800 sous 8 Ω
- Réponse en fréquence : 0,1 Hz – 300 kHz
- Entrées : XLR et RCA — gain 26 dB ou 18 dB au choix
- Dimensions et poids : 250 × 250 × 240 mm (l × p × h), 15 kg
- Garantie : 5 ans (limitée)
Disponibilité
Le PA1 se vend en monobloc, donc par paire pour un système stéréo. Grimm n'a pas communiqué de tarif public au moment où nous écrivons ces lignes, et les prix relevés chez les revendeurs européens ne permettent pas de trancher entre le prix à l'unité et le prix de la paire. Contactez-nous pour un tarif ferme et un délai : nous revenons vers vous avec les informations à jour du distributeur.
Pour ceux qui veulent creuser la technique, Grimm a publié un article « Under the hood of the PA1 » sur son site, qui détaille le raisonnement derrière l'étage de sortie et le traitement de la modulation de phase.