Soyuz 013 Ambisonic : Liveo raconte un an de captations immersives
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Au printemps 2025, Liveo nous a acheté un Soyuz 013 Ambisonic. Cette jeune société parisienne capte des spectacles en vidéo stéréoscopique et en audio spatial, avec un objectif simple : replacer le spectateur dans la salle. Le son, lui, est capturé à 360°, tout autour du point de vue. Un an et cinq captations plus tard — dont le spectacle Vertige au Grand Palais et le spectacle Terhal à Riyadh — Alexis Fabrigoule, cofondateur et CTO, a accepté de nous raconter ce que ce micro a changé dans leur façon de travailler.
Entretien réalisé par e-mail en juillet 2026. Les réponses sont publiées telles quelles.
Peux-tu présenter Liveo en quelques mots ?
Liveo est une jeune société de production et de distribution fondée en 2024, spécialisée dans les contenus immersifs. Nous captons les événements en vidéo stéréoscopique 180° et en audio spatial, de façon à replacer le spectateur dans la salle, au milieu du public et de l'acoustique du lieu.
Nous maîtrisons l'ensemble de la chaîne, de la captation jusqu'au player. Nous accordons autant de soin à l'audio qu'à l'image : c'est précisément ce qui porte le sentiment de présence.
Sur quel type de captations utilisez-vous le 013 Ambisonic ?
Sur du spectacle vivant au sens large : spectacles à grand déploiement, concerts, musique symphonique. En un peu moins d'un an, il nous a suivis sur cinq captations, parmi lesquelles le spectacle Vertige au Grand Palais et le spectacle Terhal à Riyadh. Nous l'avons aussi emmené sur un match de basket, le sport étant une autre de nos activités.

Quel était votre setup audio avant, et qu'est-ce qui vous a poussé à passer au 013 Ambisonic ?
Nous avions travaillé avec le Sennheiser Ambeo VR et le Zoom H3VR, et nous avions pris le temps d'écouter des tests de plusieurs autres modèles. Le constat est que les micros ambisoniques sont pensés pour la captation d'ambiance, pas pour la captation professionnelle de concert. On les trouve souvent trop froids.
Nous sommes allés vers le 013 Ambisonic pour une raison simple : nous en attendions un vrai son, riche et chaleureux. Tout, sur le papier, allait dans ce sens : des capsules à condensateur, des transistors FET, une véritable conception de micro de studio. Les enregistrements que nous avons pu écouter en ligne confirmaient cette impression. Nous n'avons pas été déçus.
Par ailleurs, nous sommes des admirateurs du travail d'Alejandro Cabrera, le fondateur d'Audio Brewers. Il a développé d'impressionnants algorithmes pour l'ambisonique et nous avions entièrement confiance dans le convertisseur A-B qu'il a développé en partenariat avec Soyuz pour le 013 Ambisonic.
Enfin, la tenue en pression acoustique du micro est excellente (un SPL max annoncé à 143 dB). Associée à un enregistreur en 32 bits flottant, elle nous permet de placer le micro là où l'image l'exige et de ne plus y penser. Au cœur d'un ensemble de cuivres, aucune inquiétude. Nous avions rencontré des problèmes de dynamique sur des captations de course automobile avec d'autres micros (placés en bord de piste). On emportera probablement le Soyuz la prochaine fois.
Concrètement, comment l'intégrez-vous dans votre chaîne de production ?
Nous plaçons le micro au niveau du point de vue principal, celui de la caméra. Selon les cas, cela signifie le premier rang du public ou le milieu de l'orchestre. Cet enregistrement devient notre base de mixage pour ce point de vue : la bonne distance, une spatialisation cohérente des sources, et la signature acoustique de la salle.
Nous passons ensuite par un upscaling d'ordre pour gagner en précision spatiale, puis nous mixons cet ambisonique avec des sources directes, afin de faire ressortir les instruments les plus discrets et de retrouver une attaque plus franche. Le livrable prend enfin la forme adaptée au support de diffusion : Dolby Atmos 9.1.6, surround 5.1, ou simplement de l'ambisonique.
Qu'est-ce qui vous a le plus marqué à l'usage ?
Ce qui nous a le plus marqué, c'est le peu de travail nécessaire pour obtenir quelque chose qui tienne. Dès la première écoute des rushes au casque, sans le moindre traitement, on est replacé dans la salle. Le lieu est là, le public est là, et la sensation d'espace est immédiate. Avec les autres micros, on garde davantage conscience d'écouter un enregistrement.
Le moment le plus révélateur a été une captation d'orchestre symphonique. Nous avons été très agréablement surpris de ce que le 013 Ambisonic donnait seul, placé au milieu de l'orchestre. Le mix final a été réalisé avec l'ingénieur du son de l'orchestre à partir de son dispositif complet, mais notre enregistrement tenait la comparaison bien au-delà de ce que nous imaginions, et suffirait à de nombreux projets.
Nous continuons d'utiliser le Zoom H3VR sur des setups mobiles où l'encombrement est critique. Là, l'écart est flagrant, sur le grain comme sur la fatigue d'écoute. Les deux micros ne jouent pas dans la même catégorie, et ce n'est de toute façon pas ce qu'on attend du Zoom.

Est-ce que le rendu final répond à vos attentes en termes d'expérience immersive ?
Oui, et le meilleur indicateur est peut-être celui-ci : une fois le mix ambisonique terminé, il nous arrive régulièrement de repasser le spectacle complet, non pas pour le vérifier mais pour le revivre, avec le sentiment étrange de voyager dans le passé. Quand un mix donne encore envie d'aller jusqu'au bout après l'avoir écouté cent fois en travail, c'est que la présence est là.
Nous gardons une réserve, qui tient à l'ambisonique d'ordre 1 plutôt qu'au micro lui-même. Sur les passages très denses, un tutti d'orchestre par exemple, la localisation de certains instruments peut légèrement flotter après upscaling. Nous nous interrogeons donc sur ce qu'un ordre supérieur nous apporterait en précision spatiale. Mais nous savons que ce serait au détriment du timbre que nous apprécions ici, et pour l'instant le timbre l'emporte.
Une captation dont vous êtes particulièrement fiers ?
Le tournage de Terhal à Riyadh. Nous étions particulièrement contents d'avoir emporté le Soyuz. Les éléments audio dont nous disposions étaient des sources sèches, sans acoustique de salle ni présence du public. Notre enregistrement ambisonique, lui, avait capté toute la salle et toute la réaction de la foule. Le mélange des deux a donné un résultat qui dépassait nos attentes, avec une sensation de lieu qu'il aurait été impossible de fabriquer autrement.
Est-ce que tu le recommanderais, et à qui ?
Oui ! C'est un investissement, il faut en avoir conscience. Mais pour toute production qui veut faire d'un micro ambisonique la pierre angulaire de son mix spatial, et plus encore dans les scénarios à forte dynamique, c'est le micro qui nous a apporté le plus. À ce niveau d'exigence, nous ne lui avons pas trouvé d'équivalent.
Le Soyuz 013 Ambisonic en bref
Le 013 Ambisonic prend le contre-pied des habitudes du genre : là où la plupart des micros ambisoniques utilisent de petites capsules électret, il embarque quatre véritables capsules condensateur de 25 mm à membrane dorée, associées à quatre transformateurs toroïdaux fabriqués en interne. C'est ce qui explique le timbre décrit par Alexis — riche, chaleureux, très éloigné de la neutralité clinique attendue d'un micro d'ambiance.
- Type : condensateur ambisonique de premier ordre
- Capsules : 4 x 25 mm à membrane dorée
- Réponse en fréquence : 20 Hz – 20 kHz
- Sensibilité : 20 mV/Pa — impédance : 150 ohms
- SPL max : 143 dB par capsule — bruit équivalent : 16 dB (A)
- Alimentation : 48 V phantom
- Dimensions : 207 x 42 mm — poids : 579 g
- Fourni avec : boîte en bois, support rigide, suspension antichoc, câble breakout 4x XLR, rallonge 3 m et le bundle de plugins Audio Brewers (transcodeur A-B et décodeur)

Disponibilité et tarif
Le Soyuz 013 Ambisonic est disponible chez Cool Kids Audio au tarif de 2 999 € : https://coolkidsaudio.com/products/soyuz-013-ambisonic
Une question sur son intégration dans votre chaîne de production immersive ? Contactez-nous, on en discute volontiers.
Merci à Alexis Fabrigoule et à toute l'équipe de Liveo. Photos : © Liveo.